Stretch Armstrong « pour les nuls »…

Qui est Stretch Armstrong ? Beaucoup ont entendu parler de Taylor Lautner, acteur phare de la saga Twilight, mais bien peu peuvent prétendre connaître Stretch Armstrong, le super héros au pouvoir élastique que Taylor Lautner interprétera au cinéma en 2012…
Justifier
« S-t-r-e-t-c-h him and he returns to normal size ».

Stretch Armstrong est une figurine en caoutchouc extensible vendue à partir de 1976 par le fabricant de jouets Kenner (Spirograph ; Play Doh ; Star Wars…), racheté en 1991 par Hasbro (Monsieur Patate ; Transformers ; G.I. Joe…). Ses cheveux blonds, ses muscles et son slip de bain noir lui donnent l’allure d’un catcheur et ses membres s’étirent à l’instar de ceux d’un super héros de comics, comme Plastic Man chez DC ou Mister Fantastic chez Marvel.

En France, Stretch Armstrong fut distribué par Meccano, mais rebaptisé Elastic Man.

Créé par James O. Kuhn (1930-2005), Stretch Armstrong peut, selon les publicités de l’époque, s’étirer jusqu’à faire quatre fois sa taille avant de se rétracter pour retrouver son état d’origine (35 cm au repos). Sa peau est en latex et son corps contient un gel rouge à base de sirop de maïs qui n’est heureusement pas toxique. Car comme le précise la notice l’accompagnant, Stretch Armstrong n’est pas indestructible. La boîte d’emballage indique d’ailleurs que si l’on tire trop sur la figurine elle se casse (ce qui signifie donc que Stretch Armstrong ne peut pas s’étirer au-delà de quatre fois sa taille). La notice d’accompagnement recommande quant à elle de n’étirer que ses bras et ses jambes, de ne pas couper ou percer son corps et de le tenir éloigné des animaux et de toute source de chaleur intense. Cette notice nous apprend aussi que Stretch Armstrong est plus difficile à allonger quand son corps est froid (ce qui tend à démontrer qu’il est plus humain qu’il n’y paraît !). Stretch Armstrong n’est pas non plus immortel puisque, comme de nombreux acquéreurs l’ont découvert, son corps a tendance à se solidifier et à se liquéfier avec le temps.


Kenner profite du succès de Stretch Armstrong pour développer la gamme des « Stretch Toys » (les jouets qui s’étirent) qui, si l’on peut dire, s’étend à d’autres personnages :
- Stretch Monster, un reptilien à écailles vertes et aux yeux rouges, représente la Némésis de Stretch Armstrong (à l’origine, Kenner envisageait de produire une girafe au cou extensible, la Stretch Giraffe, mais ce projet fut abandonné au profit de Stretch Monster).
- Stretch X-Ray, un alien translucide rouge au cerveau et aux organes apparents qui remplaça Stretch Monster sur les étalages en tant qu’ennemi de Stretch Armstrong.
- Stretch Serpent, comme son nom l’indique, est un serpent extensible et fut certainement celui des Stretch Toys le plus brièvement commercialisé.
- Ollie the Stretch Octopus et Olivia the Stretch Octopus, un couple de gentilles pieuvres ciblant les enfants les plus jeunes, respectivement bleue et rose (le mâle est bleu, la femelle rose, un concept réactualisé par la série « Un gars, une fille »).

Deux autres figurines furent distribuées pour le marché japonais par la compagnie Tsukuda, contractuellement liée à Kenner. Il s’agit en fait de variantes de Stretch Armstrong et de Stretch Monster. Stretch Armstrong fut rebaptisé Mister X et ses cheveux étaient bruns et non blonds. Un kimono et des masques de catcheurs destinés à l’équiper ont également été commercialisés par Tsukuda. Quant à Stretch Monster, il fut rebaptisé Tsukuda Monster ou Stretch Andro et, si son corps est bien vert, sa tête diffère entièrement puisqu’elle est assez proche de celle des ennemis qu’un héros comme Bioman peut affronter. Un collector !

Stretch Armstrong, Stretch Monster et Stretch X-Ray (Kenner) :



D’autres fabricants de jouets, flairant le filon, vont s’inspirer de Stretch Armstrong. Dans les années 1970, Mego qui possède les licences d’exploitation des super héros DC et Marvel est le premier à dégainer avec les « Mego Elastic » qui rassemblent des héros populaires (Superman, Batman, Hulk, Spiderman, Mickey Mouse, Donald Duck et Casper le fantôme), mais aussi assez judicieusement Plastic Man, super héros élastique, mais bien moins connu et qui pour cette raison a rarement fait l’objet de produits dérivés. En revanche, Mister Fantastic dont Mego exploite aussi les droits n’intègre pas cette gamme. Quoi qu’il en soit, Mego arrêtera la production de ces jouets en raison des poursuites judiciaires engagées par Kenner (Denys Fisher, une compagnie européenne détenue conjointement par Kenner et Mego, sera pour sa part autorisée à produire un « Stretch Incredible Hulk » en Europe).

Les Mego Elastic (Mego) :



La mode des « Stretch Dolls » est plus tard remise au goût du jour par des industriels qui vont utiliser des procédés techniques différents de ceux légalement protégés par Hasbro.

En 1987, LJN Toys (alors filiale de MCA) commercialise les « WWF LJN Stretch Wrestlers », une ligne de figurines extensibles représentant les huit stars de catch américain les plus populaires de l’époque (Hulk Hogan, Randy « Macho Man » Savage…). Leur élasticité ne repose pas sur un sirop de maïs, mais sur une poudre.

Les WWF LJN Stretch Wrestlers (LJN Toys) :



Dans les années 1990, Cap Toys (société rachetée par hasbro), lance sur le marché un Stretch Armstrong relooké, plus fun et arborant un large sourire ultra bright. D’autres personnages extensibles l’entourent, notamment Fetch Armstrong, son sidekick canin, le monstrueux Vac-Man, nouvel ennemi juré de Stretch Armstrong dont la couleur rouge et le bouton « cybernétique » semblent indiquer qu’il provient d’une autre galaxie et Evil X-Ray Wretch Armstrong, l’homme à la tête de mort, un cyborg qui n’est autre que le frère démoniaque de Stretch Armstrong. Une version ninja de Stretch Armstrong est également distribuée. Ces jouets connaissent les mêmes limites techniques que celles de la gamme originelle (on retrouve ainsi les recommandations de Kenner sur leur packaging), mais des innovations sont apportées (comme la pompe et le corps granuleux de Vac-Man).



Le nouveau Stretch Armstrong et Vac-Man (Cap Toys) :



Parallèlement, Hasbro propose une version Stretch de The Mask, tandis que d’autres figurines élastiques sont produites par la concurrence. C’est notamment le cas en Argentine avec Fred et Barney, les personnages cultes des Pierrafeu (chez SULC Toys) et aux Etats-Unis avec les Drastic Elastic et d’autres héros comme le génie de la lampe d’Aladin (chez Just Toys). En dehors des Drastic Elastic, tous ces jouets sont des produits dérivés de films.

Dans les années 2000, Toy Quest commercialise les « Electronic Morphmen » et les « Stretch Screamers ». Ces monstres aux capacités extensibles reprennent les innovations de Cap Toys sur Stretch Armstrong, mais possèdent aussi des fonctions sonores ou gluantes.

Les Electronic Morphmen (Toy Quest) :



Les Stretch Screamers (Toy Quest) :



Plus récemment des personnages issus de divers univers et dont les aventures ont été adaptées au cinéma ont droit à leur propre figurine Stretch, comme Hulk et Mister Fantastic chez Toy Biz en 2005 ou Scooby-Doo et Homer Simpson chez Character Toys en 2005. Contrairement à Stretch Armstrong qui s’étirait jusqu’à quatre fois sa taille, ces figurines ne s’allongent pas plus du triple de leur taille mais peut-être sont-elles plus robustes…

Scooby-Doo (Character Toys) :



Compte tenu du potentiel lucratif des produits dérivés, l’adaptation au cinéma d’un jouet représente une aubaine aussi bien pour les fabricants que pour les studios (Les maîtres de l’univers ; Transformers…). Ce phénomène semble devoir s’accentuer grâce aux progrès réalisés dans le domaine des effets spéciaux et c’est aussi finalement pour Hollywood un juste retour des choses puisque certains films ont donné lieu à des figurines extensibles…

C’est en 2000 que des rumeurs sur une adaptation cinématographique de Stretch Armstrong commencent à circuler. Jackie Chan entre en négociation avec Disney pour co-développer un film sur le ton de l’action et de la comédie (un espion chinois, expert en arts martiaux, met la main sur une formule secrète qui lui confère des facultés élastiques). Jackie Chan est ainsi associé au projet Stretch Armstrong aux dépens de Tim Allen et de Danny De Vito.

En 2008, suite au succès du blockbuster Transformers et de ses produits dérivés, un accord est signé entre Universal Pictures et Hasbro pour que Stretch Armstrong fasse l’objet d’un film basé sur le script de Nicholas Stoller (Get Him to the Greek ; Sans Sarah rien ne va…). Enthousiaste, le producteur, Brian Grazer (Splash ; Un flic à la maternelle ; Le professeur Foldingue…), déclare alors que « Stretch Armstrong est un personnage que j’attends de voir à l’écran depuis longtemps. C’est un type peu conventionnel de super héros doté d’un pouvoir dont personne ne voudrait. C’est l’histoire d’un type qui repousse les limites du possible pour se réaliser pleinement ». La réalisation est confiée à Rob Letterman (Gang de requins ; Monstres contre Aliens…). Nicholas Stoller précise quant à lui en 2010 que « ce sera une histoire de super héros, un peu dans la veine d’Iron Man, c’est-à-dire avec un ton léger et sérieux à la fois. J’ai accepté de travailler sur ce film, parce que j’étais très excité à l’idée de créer un univers de comic book, un genre que j’ai toujours adoré ».

En juillet 2009, lors du Comic-Con de San Diego, Universal Pictures n’a pas manqué de dévoiler le logo promotionnel du film Stretch Armstrong…


Le 5 février 2010, Universal Pictures annonce que Taylor Lautner, connu pour son rôle de Jacob Black, le loup-garou dans la saga Twilight, est choisi pour interpréter Stretch Armstrong au cinéma (il renonce par là même à incarner une autre « action figure » dans un film, celle de Max Steel produite par la firme Mattel) et que le tournage se fera en 3-D.


Si le scénario de Nicholas Stoller s’écarte vraisemblablement de celui écrit pour Jackie Chan, il est en revanche toujours envisagé de faire de Stretch Armstrong une comédie. Interviewé par MTV News, Taylor Lautner évoque d’ailleurs le super héros élastique avec humour. « C’est le pire pouvoir de super héros qu’on puisse avoir, mais il va falloir l’utiliser pour faire quelque chose de bien et être créatif. Le truc génial avec les jouets, c’est qu’ils ne vous donnent pas de ligne de scénario, vous devez le créer. Le processus de développement du film a été génial et continuera à l’être. J’ai vraiment hâte de lire le script ! »



De même que pour les Transformers, la sortie d’un blockbuster familial consacré à Stretch Armstrong pourrait permettre de relancer les ventes de jouets autrefois commercialisés dont les droits sont aujourd’hui détenus par Hasbro, mais rien n’est garanti. En témoigne d’ailleurs le succès mitigé d’Hasbro pour les produits dérivés du film G.I. Joe. Reste qu’une figurine à l’effigie de Taylor Lautner, réputé pour sa « plastique », devrait rencontrer son public…



Superboy

5 commentaires

Kahina a dit…

Merci pour ces précisions sur Stretch! Je suis une fan de Taylor, donc, je m'interesse beaucoup à son actualité. Je ne connaissais pas trop ce jouet, votre article m'a beaucoup éclairée sur le sujet! :)
J'espère qu'on aura plus d'infos sur le film. Car, pour le moment, ce projet ne m'interesse pas trop.

Superboy a dit…

Merci Kahina, çà fait plaisir !
Je ne connaissais pas du tout non plus ce jouet (à part le souvenir de veilles pubs sur le Hulk élastique) car trop jeune pour le jouet des années 1970 et trop vieux pour celui qui a été relancé dans les années 1990. Et j'avoue, j'ai découvert Lautner avec le sujet Stretch... Mais comme le film est envisagé dans le cadre des super héros, il fallait bien s'y coller... Tu peux compter sur moi pour mettre à jour ponctuellement cet article (qui sera intégré dans la partie "Dossiers" en haut de la page web) en y reportant l'actualité de Stretch et de Taylor Lautner sur ce projet.

Kahina a dit…

Merci beaucoup! :)

Anonyme a dit…

J'ai appris des choses interessantes grace a vous, et vous m'avez aide a resoudre un probleme, merci.

- Daniel

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Fourni par Blogger.